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Aux quatre coins des Temps
UN NOUVEAU MONDE
Ses mains bougeaient avec lenteur. Il ne pouvait pas détacher son regard de cet étrange papillon aux ailes diaprées. Une lumière intense l’environnait. Peu à peu, sa respiration se mit au diapason du lent mouvement de ses doigts. Où était-il ? Quel était son nom ? Il ne parvenait pas à le saisir…Sa pensée s’envolait et se dispersait en poussières impalpables.
-Bonjour, Jordan. Une silhouette argentée s’agitait devant lui occultant la lumière. Est-ce que cela va mieux ce matin ? La main de la forme élancée fit un geste vers le bas, la lumière s’adoucit.
-Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il.
-Essaie de te lever, proposa doucement la voix mélodieuse. Jordan, puisqu’il s’appelait Jordan, se dit que cela ne répondait pas à sa question. Il demanda de nouveau :
-Qu’est-ce qui m’arrive ?
-Il y a eu dissonance avec l’implantation onirique. Qu’est-ce que tu vois exactement ?
Jordan n’avait pas entendu la fin de la phrase. Dans son esprit, il ne parvenait pas à comprendre les mots de la réponse. Il chercha le regard de l’ombre qui devenait un peu plus visible. La silhouette était très grande, bien plus grande que normale.
-Qui êtes-vous ?
-Vicériane Ellis, je suis métempsydocteur. Tu me connais Jordan. La voix avait des intonations qui laissaient deviner l’inquiétude sous-jacente. De quoi te souviens-tu ?
Il resta un moment silencieux. Bonne question, se dit-il. De quoi se souvenait-il ? Il venait de sortir d’un brouillard où des images se bousculaient, des images très étranges. Il soupira. Mais de lui, il ne semblait ne rien pouvoir en saisir.
Il était à moitié allongé dans un fauteuil, sa tête reposait dans une enveloppe qui l’entourait de tous les côtés. Il sentait maintenant des objets posés sur son front et ses tempes. En y pensant, les appliques se rentrèrent en libérant son visage. Il regarda tout autour de lui. La silhouette eut un soupir de soulagement.
-C’est bien, tu contrôles le support. Redresse-toi maintenant.
Jordan n’avait pas encore repris conscience de tout son corps. Pourtant à cette suggestion, il sentit le support se redresser. Son visage vint au niveau de celui de Vicériane.
-Parfait dit celle-ci. Jordan, continua-t-elle en lui prenant le bras. Que vois-tu ?
Le visage en face de lui était trouble, ses traits flottaient se transformant en permanence. Il tourna la tête au-delà, regardant l’espace qui l’entourait : il était dans un lieu lumineux, mais il ne voyait pas très loin. Puis, il se mit à distinguer des objets : des chaises, une table, un tableau transparent aux graphiques colorés. Il ferma les yeux. En les rouvrant, il resta interdit. Les chaises transparentes aux profilés métalliques s’étaient transformées en fauteuils à hauts dossiers tapissés d’images animalières et aux montants de bois tourné, la table, également, était en bois et des piles de livres et de feuilles de papier s’y entassaient. Il referma de nouveau les yeux.
-La réalité n’est pas stable ?, demanda Vicériane. Il rouvrit les yeux pour la fixer. Son image était toujours floue et comme pour les objets son aspect avait changé.
-Qu’est-ce qui se passe ?, demanda-t-il encore, explique-moi !
-Tu sais qui tu es ?
-Tu me l’as dit : Jordan. Il sentit plus qu’il ne le vit, son regard le fixer d’un air préoccupé.
-Je vais t’expliquer. Combien d’altérations perçois-tu ? Jordan tourna la tête et découvrit une nouvelle fois un environnement totalement différent : il se trouvait dans une clairière ensoleillée et les chaises n’étaient plus que des rondins, de grands arbres s’élevaient avec sur leurs branches des oiseaux aux plumes chatoyantes et aux gazouillements mélodieux.
Il secoua la tête.
-Plusieurs…Explique !
-Très bien. La silhouette aux formes changeantes s’assit sur un des rondins.
-Tu t’appelles Jordan Allister. Tu es habitant de la sphère E198-56 et tu es ici chez toi. Nous sommes en 381 de l’ère Aérostratosphérique. Tu diriges le service de sécrétions organiques de remplacement. Cela te rappelle quelque chose… ? Il lui fit un signe de continuer. Il avait l’impression d’entendre un charabia incompréhensible. Très bien, elle hésita et redemanda avec un geste circulaire : tu ne te souviens pas de tout ceci ? Il tourna lentement la tête de droite à gauche et de gauche à droite en signe de négation sans dire une parole.
-Tu sais quand même que tu es sur terre ? Il fouilla l’imbroglio éparpillé de son puzzle mémoriel.
-Oui, je crois effectivement, mais cela ne correspond pas vraiment à ce que je voie.
-D’accord, je pense que tout ceci vient de la dissonance entre ton clonage cérébral et l’implantation onirique.
-Vicériane, interrompit-il d’un ton colérique, je ne comprends rien à ce que tu me dis !
Elle resta silencieuse en réfléchissant un moment puis d’un geste des doigts, elle fit apparaître deux images sur la coupole hémisphérique qui couvrait le lieu où ils se trouvaient. D’un côté, une planète bleue avec des nuages blancs et des continents verts et marrons et de l’autre une planète couverte de nappes de brouillard aux volutes jaunes, au-dessus desquelles des sphères transparentes plus ou moins grandes flottaient éclairées par un soleil couchant. Elles semblaient rattachées, comme par une ancre, à des filins qui plongeaient vers la surface.
-Tu penses être sur quelle planète ?
-Eh bien, là ! Sur la terre, répondit-il en montrant la planète bleue à droite.
-Non, annonça-t-elle, elle fit un geste d’un doigt. L’image de la planète aux nuages jaunes remplit tout l’espace. Tu es sur celle-ci, mais c’est également la terre. Avec la référence chronologique J.C., nous sommes en 2261.
Il la regarda sans rien dire. Son esprit ne comprenait toujours pas. En quelle année était-il ? La première réponse qui lui vint fut 2020. Vicériane vit sur sa combinaison apparaître les couleurs de doute et sur l’infime treillis du visage de Jordan, l’expression correspondante. Depuis le début de l’ère Aérostratosphérique où les habitants, enfin les survivants de la terre, avaient dû se réfugier dans la partie haute de l’atmosphère pour échapper aux gaz mortels, ils portaient tous dans les sphères une couche protectrice formée de nanoparticules qui pouvaient changer en surface et qui répercutait une représentation de ce qui se passait en dessous. Les sphères étaient équipées de filtres bien sûr, mais aucun d’entre eux ne pouvait vivre cloîtré sans apercevoir la lumière. Les protections occultantes avaient donc été réduites au minimum et en contrepartie, ils portaient cette infime couche de nanoparticules sur tout le corps et les combinaisons qu’ils portaient traduisaient leurs émotions ou ce qu’ils voulaient montrer à leurs interlocuteurs. Les nanoparticules fusionnées avec l’ensemble de leurs cellules existaient également sur la surface de leur cornée, ce qui leur permettait de vivre dans une réalité augmentée. Chacun choisissait l’environnement qu’il préférait et de la même façon, pouvait contrôler sa propre apparence ; c’est ainsi qu’elle se découvrait chaque matin, brune aux yeux verts.
Vicériane prit la main de Jordan et l’entraîna vers un des bords de la sphère, elle fit un mouvement des doigts comme une vague. L’occultant qui tamisait la lumière devint plus clair progressivement. Devant eux, s’étendait une mer de nuages rebondis, des vapeurs jaunes comme des soupirs passaient par moments entre eux, l’intensité de la lumière diminua, Jordan eut l’impression d’avoir mis des lunettes de soleil. Des lunettes de soleil… Il savait qu’il n’en portait pas : il aurait dû sentir ce léger contact sur son nez et apercevoir sans vraiment les voir les cercles sombres entourant sa vision. Au loin, le soleil sculptait la mer de nuages avec des rayons rasants et des sphères de toutes tailles se balançaient légèrement au bout de leur filin.
C’était vrai, il était là… Ou alors, pensa-t-il, je suis en train de rêver ! Rêver ? Non cauchemarder plutôt !
Vicériane scrutait les couleurs de sa combinaison. Jordan ne la croyait pas et il ne cherchait même pas à faire semblant. La couleur était franche et sans aucune variation, d’un violet éclatant. Jusqu’à présent la teinte avait été d’un marron beige embrouillé. Elle avait cru en lui montrant ce qu’il voyait tous les jours que cela le convaincrait. C’était en fait tout le contraire.
Jordan avait fini par refermer les yeux. Si je dors, se disait-il, tout devrait sans doute redevenir normal. Il sentit la chaleur s’atténuer sur son visage, il se sentit réconforté à cette sensation. Il rouvrit les yeux, mais fut très déçu de constater que la vitre s’était à nouveau opacifiée pour filtrer la lumière. Vicériane le prit par le bras et l’emmena s’asseoir sur une des chaises qui avait repris son haut dossier, juste à côté de la table jonchée de livres. Il s’assit et en prit un. Le toucher si doux de la couverture usée, les pages qui craquaient à peine quand il les tournait et jusqu’à l’odeur du papier, tout cela faisait partie de lui. Il savait que c’était un morceau de sa vie. Il se mit à lire quelques lignes… et tout à coup il n’y eut plus devant lui que du brouillard et l’immense tableau transparent qui l’éblouissait de ses caractères fluorescents aux couleurs vives et de ses innombrables images défilantes ; la vision vacilla de nouveau et les arbres réapparurent en une immense voûte puis tout se transforma en une immensité bleue dont les vagues les unes après les autres se brisaient en écume blanche sur des rochers rouges, le soleil au loin ricochait d’éclats de crête en crête jusqu’à lui. Il ferma de nouveau les yeux.
-Jordan, entendit-il dans un murmure. Vicériane s’était rapprochée de lui, sa combinaison avait perdu sa teinte argentée remplacée par la couleur d’un désespoir bleu gris atone. Jordan, ça va passer.
Il ne voulait pas rouvrir les yeux. Il regarda l’intérieur de ses paupières, les images projetées continuaient de l’assaillir en une succession de vagues fantomatiques. Il faut que je dorme, pensa-t-il, avec une angoisse croissante. Alors peut-être que tout redeviendra normal. Il répéta tout haut.
-Il faut que je dorme.
-Bien sûr, viens te réinstaller... Il regarda de nouveau. Elle l’entraînait vers un lit au matelas qui semblait douillet. Il s’installa avec plaisir et baissa ses paupières pour essayer de s’échapper de cette réalité.
Vicériane attendit, le support étendit ses digitations sur la tête et le visage de Jordan, peu à peu la combinaison de celui-ci devint presque transparente.
Elle eut un soupir et disparut.
Dans sa sphère, elle découvrit que la teinte de sa combinaison était d’un gris vert assez marqué. Elle se regardait dans l’immense miroir au cadre de facettes miroitantes, progressivement la combinaison redevint d’une légère teinte rose avec des nuances bleutées. Son visage était souriant et même l’expression des yeux verts ne laissait rien transparaître de son inquiétude. Elle modifia la forme de sa combinaison en un grand châle qui enveloppa en partie sa silhouette. Sa demeure était structurée, mais elle savait parfaitement qu’elle vivait dans un immense espace sans paroi. Elle venait de changer la zone où se trouvait l’écran de communication. Des plantes vertes, des fleurs suspendues aux couleurs roses et jaunes, foisonnaient et d’immenses fauteuils de rotin blanc formaient un lieu accueillant. Elle se connecta et ouvrit les voies d’accès. Quelques instants après, trois autres personnes se matérialisèrent à ses côtés.
Il y avait un homme âgé aux cheveux d’un blanc immaculé, les traits burinés et bronzés, portant des lunettes, ce qui depuis l’instauration des modifications neuro-organiques était tout à fait inutile. Vicériane savait comme toutes les autres personnes présentes que Lee, car Lee était son nom, n’avait qu’une trentaine d’années et que l’apparence qu’il renvoyait était un choix en accord avec sa personnalité profonde. La partie variable de la combinaison n’était pas visible pour le moment. Il se présentait avec un costume gris à l’étoffe brillante. Les deux autres personnes étaient des femmes, l’une, réellement, Marion, et l’autre était en réalité un homme qui se faisait appeler Philomène. Elles portaient les tenues officielles du gouvernement, marquant ainsi leurs présences en tant que telles. Leurs combinaisons étaient visibles en formes différentes, mais généralement les membres officiels étaient connus pour avoir une maîtrise parfaite des expressions et des dissimulations de couleur.
Marion Gladié prit d’emblée la parole :
-Alors comment se porte-t-il ? Vicériane se tendit pour conserver son apparence décontractée.
-Il a des confusions de réalité. Il va mieux, mais pour l’instant il n’a pas repris complètement pied.
-Professeur Destral, qu’est-ce qui s’est passé ? Le professeur Allister est un de nos plus brillants scientifiques dans la sécrétion organique et la duplication clonal, nous ne pouvons pas le perdre !
-Je suis de l’avis du dirigeant Gladié, intervint Philomène Stal représentant du secrétariat aux organotechnologies.
La voix aux intonations profondes de Lee Destral s’éleva :
-Jordan est un brillant scientifique, je le sais bien. Il a voulu quand il a fallu changer son encéphale tester un nouvel élément. Il l’a donc cloné par sécrétion organique et l’échange s’est fait sans problème.
-Et vous l’avez laissé faire ? Vous rendez vous compte du risque !
-Dirigeant Gladié, reprit Lee. Sa combinaison, sur le bord des manches, laissa paraître un joli turquoise un peu vert qui montrait l’affection qu’il portait à celui qui était au centre de leur discussion. Nul autre que moi n’est plus désolé de tout cela. Jordan est un ami auquel je tiens et avec lequel j’entretiens des relations depuis de longues années. Le cycle de ses tissus neuronaux s’était accéléré car en travaillant aux sécrétions organiques neuronales, il est soumis à bien plus d’agressions que nous autres. Même moi dans mon domaine myelo-organique, je ne reçois qu’une dose infinitésimale par rapport à son degré d’exposition. De plus, il dirige le département neuronal et c’est lui, qui en dernier ressort décide de telle ou telle utilisation. Je n’ai aucune autorité sur ses décisions. Cependant, c’est vrai, je reconnais que je l’ai mis en garde. Il eut une expression qui montrait bien qu’il n’avait rien pu faire.
-De quelle origine est donc celui qu’il a choisi ? , demanda la secrétaire aux organotechnologies.
-J’ai demandé une recherche approfondie à son service, cela ne devrait pas tarder. Il semble qu’il soit tiré de toute façon des réserves du vingtième et unième siècle. Jordan m’avait parlé d’un livre qu’il aimait beaucoup, d’ailleurs il le lisait toujours en le tenant entre ses mains jamais sur l’écran ou avec Alexa. Je pense qu’il a dû retrouver cet auteur dans les réserves encéphaliques. Il aurait pu avoir un choix plus raisonnable, mais la disparition de Celinda l’a marqué.
-Je croyais, intervint la Dirigeante, qu’il avait obtenu une dérogation pour un andro-organide ?
-Jordan ne l’a jamais approuvé, répondit Vicèriane. L’adaptation n’a jamais été homologuée. Cela explique sans doute ce choix si étrange et si risqué.
-Très bien, continua la Dirigeante Gladié. Mais, tout ceci s’est produit après votre implantation onirique, Dr Ellis ?
Vicériane adapta très légèrement son aspect.
-C’est vrai, admit-elle. Cela n’est jamais arrivé auparavant. Je ne savais pas ce que Jordan avait eu comme type d’échange, vous savez bien que l’identité des échanges est un secret médical. Elle resta un moment silencieuse, sa combinaison devint légèrement orangée. Aucun de ses interlocuteurs ne parla la laissant fouiller dans ses souvenirs comme l’indiquait la couleur, l’orangée s’atténua et sous le froncement de ses sourcils noirs, des taches de rousseurs éclairèrent doucement son visage au regard vert, elle reprit : C’est vrai que j’ai été étonnée quand il y a un mois il m’a demandé une implantation dans un environnement naturel terrestre avant l’ère Aéro. Son examen métapsychique était tout à fait normal. Tout s’est très bien passé. Il a demandé ensuite plusieurs autres implantations mémorielles de plans 3D des villes de Paris, Istanbul et Rio ainsi que différents endroits comme un bord de mer bordant une plage, une clairière ensoleillée d’une forêt tempérée, une cabane avec une terrasse sur un petit lac et aussi une bibliothèque très haute aux nombreux rayonnages de livres avec des balustrades de fer forgé et des escaliers en colimaçon comme il en existait auparavant sur la terre. Cela s’est fait sur trois semaines. J’ai pensé qu’avec l’absence de Celinda, il voulait se recréer une autre structure mémorielle. Son travail est très prenant et j’ai pensé que cette nouvelle architectonique lui serait d’un très bon soutien psychologique. Quand avant-hier, il m’a demandé une implantation onirique d’un week-end en famille pour sa nuit, j’ai accédé à sa demande. Elle s’arrêta un moment, puis continua : il m’a décrit l’apparence qu’il voulait ainsi que celle de sa femme, de deux enfants et même d’un chien. Cela devait durer 6 heures. Rien ne pouvait laisser présager les dissonances qui se sont produites. Il a perdu la notion totale de notre réalité, pour l’instant il la refuse.
-Il la refuse ?
-Oui, finit par admettre Vicériane avec réticence, sa combinaison était de cette couleur, elle eut un geste vers l’écran qui flamboya d’un violet intense. Les visages de ses interlocuteurs montrèrent tous la même consternation.
-Il ne croit pas être ici ? C’est cela ?, demanda Philomène dont la tunique sur de petites zones avait commencé à s’altérer et la couleur, qui pointait, montrait bien plus que son ton et son expression, le bouleversement que créait cette découverte.
-Oui, mais hier il n’avait pas émergé du tout et aujourd’hui il maîtrise le support. Sans doute que son état s’améliore…
-Pouvez-vous lui retirer ces implants mémoriels d’une façon ou d’une autre ?
-Vous savez bien que c’est impossible sans risquer des lésions irréparables.
Lee se leva et arpenta le tour du salon d’un air absent, les feuilles bougeaient à son passage et les fleurs exhalaient des parfums apaisants. Vicériane avait su que ce qu’elle leur annoncerait aller être très déstabilisant. Au bout de quelques instants, les parfums adoucirent leurs tensions. Lee se rassit :
-Nous verrons bien demain comment il se comporte. Qu’est-ce qu’il fait actuellement ?
-Il se repose, dit Vicériane. Il s’est réinstallé sur le support et ses ondes cérébrales sont paradoxales. Les dissonances se sont produites au bout de deux heures. Le support le surveille s’il se passe quoi que ce soit, je serais prévenue.
-Très bien, dit la Dirigeante Gladié, tenez-nous au courant. Madame Stal, nous devons aller rendre compte au Sénat des Sphères.
-Nous y allons, Dirigeante Gladié.
Leurs silhouettes assises disparurent laissant les grands fauteuils blancs inoccupés.
-Est-ce qu’à son réveil, je pourrai le voir ?
-Ce sera sans doute une bonne chose. Tu le connais depuis longtemps.
-Mais toi aussi !
-Je sais, mais il ne m’a pas reconnue…
-Les réalités qu’il croit voir viennent des implantations mémorielles d’après toi ?
-Les réalités augmentées que nous créons sont issues de ce que nous avons dans notre tête. L’implantation onirique est une dynamique qui interagit avec toutes ces données. Après, d’où venaient ses demandes ? À la réflexion, elles étaient extrêmement précises comme si…
-Comme si on les lui dictait ?
-Peut-être.
La combinaison de Lee se mit à prendre une couleur d’un rouge vermillon sur les zones visibles dépassant du costume et même des auréoles commencèrent à apparaître sur le tissu brillant.
-Je viens d’avoir une communication du service de Jordan. Le sujet qu’il avait choisi était effectivement un auteur, celui qu’il aimait lire : son nom ne te dira rien…Par contre… Il se releva et se remit à marcher, elle voyait qu’il avait du mal à contrôler son apparence : son trouble était immense. Il reprit d’une voix rauque : Quand il m’en avait parlé, je m’y étais intéressé. Cet auteur avait écrit trois livres de science-fiction. Je connais ces trois titres. Par contre, continua-t-il d’un air tendu, je viens de recevoir sa biographie avec le numéro d’archive…
Vicériane le dévisagea et demanda :
-Et…
-Dans sa biographie, il y a maintenant un quatrième livre « Un nouveau monde » qui a eu un succès retentissant. C’est l’histoire de la terre après une terrible pollution des couches basses de l’atmosphère, pour survivre des habitants se réfugient dans des sphères autonomes qui flottent au-dessus…
-Qu’est-ce que tu racontes ?
-Je te jure que la première fois où j’ai consulté cette biographie, ce n’était pas du tout la même chose ! Tu as une explication ?
Après un long moment, elle murmura :
- Migrations psychiques interclonales... Il y a toujours un dominant. J’ai peur qu’il n'ait choisi de ne pas l’être…
Sur la plage, le soleil chaud brillait. Au loin, les enfants jouaient avec le chien.
Quelqu’un écrivait.
Une ombre s’allongea tout à coup sur le sable jusqu’à lui.
-C’est un nouveau roman ? Il leva le regard vers sa femme. Il ne voyait que sa silhouette découpée de lumière. En vain, une autre ombre voulut émerger de ce qu’il venait d’écrire. Il acquiesça de la tête. Je ne sais vraiment pas comment tu fais, Chéri, pour inventer tout ça… !
Il retira ses lunettes et en souriant, répondit d’un ton léger :
- C’est quelqu’un d’autre qui vit dans ma tête et qui me raconte ce qui se passe dans un autre siècle !
Elle se mit à rire.
Fin
Différentes nouvelles écrites au fil des ans
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